Accueil Le Monde Interactif
Séquence :  Business




Start-up : Wildfire, le standardiste 


Mis à jour le mardi 14 septembre 1999

TÉLÉPHONER en conduisant peut être périlleux. Bill Warner l'a vite compris. Il a eu l'idée d'un appareil qui résoudrait le problème en évitant toute manipulation, un assistant électronique qui identifie la voix et reste en ligne pour gérer les appels, mémorise les numéros... Il ne lui en a pas fallu plus pour lancer Wildfire en 1991. Huit ans plus tard, l'entreprise, implantée à Lexington, non loin de Boston (Massachusetts), conserve ce statut d'entreprise émergente. 

Rich Miner (cofondateur de Wildfire, dont il est directeur de la technologie) expliqueİ: «İNos problèmes d'organisation, notre culture d'entreprise et l'énergie que nous investissons sont ceux d'une start-up. Le lancement [aujourd'hui] de nos produits en France et en Grande-Bretagne crée l'excitation d'une start-up.İ» Un temps de latence exceptionnellement long dans le secteur des nouvelles technologies, où les sociétés entrent en Bourse ou font l'objet d'une acquisition six mois à un an après leur création. 

Les investisseurs n'ont pas été rebutés par les difficultés rencontrées sur le marché américainİ: en quatre ans, ce sont tour à tour Matrix Partners (septembre 1992), Greylock (septembre 1993), AT&T Wireless (janvier 1995), Intel Corporation et Microsoft (octobre 1997) qui sont venus soutenir le développement. Cela a permis à Wildfire de percer finalement en Europe. Enİfévrier, Bouygues Telecom a été le premier opérateur de téléphonie mobile à proposer le service d'assistance virtuelle à reconnaissance vocale. Enİjuillet, Orange, l'opérateur en pointe en Grande-Bretagne, lançait son offre commerciale grand public pour ce cyberassistant.

İ

«İNous avons poussé des technologies qui en étaient à leurs débuts à l'époque (reconnaissance de la parole, télé-informatique, bases de données orientées objet, agents), explique Rich Miner . A l'heure qu'il est, il nous faudrait beaucoup moins d'effortsİ; mais, l'avantage, c'est que nous sommes maintenant des experts dans ces domaines clés pour nous. Si nous démarrions aujourd'hui, nous bénéficierions d'emblée des progrès de l'informatique mobile et d'Internet au lieu de nous investir dans la communication au sein de l'entreprise comme nous l'avons fait. Ce domaine s'est révélé sans grands débouchés pour nous.İ»

De fait, Wildfire est un produit de grande consommation qui s'est bien adapté au marketing des produits de télécommunications européens, très centrés sur le consommateur. «İLe marché européen est beaucoup plus mûrİ: voyez ce que France Télécom a accompli avec le Minitel.İ»

Comment répondre à l'attente du marché tout en introduisant un produit totalement nouveauİ? Comment bouleverser des habitudes bien établiesİ? «İNotre plus gros obstacle a été de comprendre la définition du produit en relation avec son marketing. Nous avions démarré avec un produit techniquement cool - un peu comme le Newton d'Apple - qui a évolué vers un produit plus adapté au marché de grande consommation [comparable au Palm Pilot]. Avec le recul, la principale leçon que nous en retirons, c'estİ: faites simpleİ; investissez dans les tests d'interface utilisateurİ; résistez à l'envie de constamment rajouter des fonctions nouvelles.İ»
Gilberte Houbart www.wildfire.com 


Mode texte pour impression
Droits de reproduction et de diffusion réservés; © Le Monde 1999

Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions. Lire la Licence.